mardi, 09 juin 2009

A Ma Place

P1060716.JPG"Serait-elle à ma place

Plus forte qu’un homme

Au bout de ces impasses

Où elle m’abandonne ?

Vivre l’enfer, mourir au combat

Faut-il, pour lui plaire, aller jusque là ?

Se peut-il que j’y parvienne ?

Se peut-il qu’on nous pardonne ?

Se peut-il qu’on nous aime

Pour ce que nous sommes ?

 

 

 

 

 

                                                       Se met-il à ma place

Quelques fois ?

Quand mes ailes se froissent

Et mes îles se noient,

Je plie sous le poids

Plie sous le poids

De cette moitié de femme

Qu’il veut que je sois.

Je veux bien faire la Belle

Mais pas dormir au Bois.

Je veux bien être Reine

Mais pas l’ombre du Roi.

Que faut-il que je cède ?

Faut-il que je saigne ?

Pour qu’il m’aime aussi

Pour ce que je suis ?

 

Ferait-elle pour moi                                  Pourrait-il faire en sorte

Ne serait-ce qu’un pas ?                             D’ouvrir un peu la porte ?

Encore un effort, un pas                             Pourrait-il faire encore

Vers moi ?                                            Un geste, un pas vers moi ?

 

Je n’attends pas de toi que tu sois la même

Je n’attends pas de toi que tu me comprennes

Mais seulement que tu m’aimes

Pour ce que je suis

 

Se met-elle à ma place

Quelques fois

Que faut-il que je fasse

Pour qu’elle me voit ?

Vivre l’enfer, mourir au combat

Veux-tu faire de moi

Ce que je ne suis pas ?

 

Je veux bien tenter l’effort

De regarder en face

Mais le silence est mort

Et le tien me glace.

Mon âme sœur

Cherche l’erreur

Plus mon sang se vide

Et plus tu as peur

 

Faut-il que je t’apprenne                            Je ne demande rien

Les eaux troubles où je traîne ?                    Où tu vas, d’où tu viens,

Faut-il vraiment que tu saches                     Tout ce que tu caches

Le doute au fond de moi ?                         Au fond de toi.

 

Je n’attends pas de toi

Que tu sois le même

Je n’attends pas de toi

Que tu me comprennes

Mais seulement que tu m’aimes

Mais seulement que tu m’aimes

Pour ce que je suis.

Quand je doute,

Quand je tombe

Et quand la route

Est trop longue,

Et quand parfois

Je ne suis pas

Ce que tu attends de moi

Que veux-tu qu’on y fasse

Qu’aurais-tu fait à ma place ?"

 

Zazie

vendredi, 20 février 2009

Louise Bourgeois

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"Rouge est la couleur du sang

Rouge est la couleur de la douleur

Rouge est la couleur de la violence

Rouge est la couleur du danger

Rouge est la couleur de la honte

Rouge est la couleur de la jalousie..."

 

 

Louise Bourgeois

 

samedi, 24 janvier 2009

JLG

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- "Ne vois-tu pas que je brûle?"

  "Tu ne viens plus me voir."

 

- "Only Angels have wings."

 

in Histoire(s) du Cinéma de Jean-Luc Godard

samedi, 06 décembre 2008

Vivre et Laisser Partir

"Plus nous nous élevons,

plus nous paraissons petits

Empreinte Sable Portait ViV.JPGaux yeux de ceux qui ne savent pas voler."

Friedrich NIETZSCHE

mardi, 25 novembre 2008

Emily

Manège Animaux Rogné.JPG"On apprend l'Eau par la soif

Et la Terre par les voyages en mer -

L'Extase - par les affres -

Et la Paix - par les récits de guerre -

L'Amour dans les épitaphes

Et les Oiseaux par la neige"

 

"Water is taught by thirst

Land - by the ocean passed

Transport - by throe -

Peace -by it's battle told -

Love, by Memorial Mold

Birds, by the snow "

 

Emily Dickinson

lundi, 17 novembre 2008

Jean-Luc Lagarce

« Les lieux de l’art nous éloignent de la peur.

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Et quand nous avons moins peur, nous sommes moins mauvais. »

Jean-Luc Lagarce

samedi, 15 novembre 2008

Tentative de Jalousie

Comment ça va la vie avec une autre,
Plus simple n'est-ce pas ? - Rames, claquez!
S'est-il vite, le profil de la côte,
Le souvenir, s'est-il vite masqué.

De moi, de moi, île désamarrée ?
(Voguant de par le ciel, non sur les flots!)
Ames! Jamais amantes ne serez!
Sœurs vous serez! Sœurs : vous! C'est votre lot!

Comment ça va la vie près d'une femme
Simple ? C'est comment sans divinités ?
Votre souveraine, prince profane,
Détrônâtes (ledit trône quitté),

da9ddba9a94e7ddd49e53f630e489a8b.jpgComment ça va la vie, les froissis d'ailes,
Les tracas ? Le lever, comment se passe ?
Pauvre créditaire de l'immortelle
Médiocrité, comment faites-vous face ?

"Tressauts et syncopes, stop! Je suis quitte!
Un toit me louerai! Suffit, le déluge!"
Comment ça va avec n'importe qui,
Dites, comment, quand on est mon élu ?

Pour sûr plus comestible, domestique,
La table ? Qu'on s'en lasse, faute à qui ?
Comment ça va la vie près d'un pastiche
Pour vous qui trahîtes le Sinaï ?

Comment ça va près d'une d'ici-bas,
D'une si peu vôtre ? Son flanc vous plaît ?
A toute bride Zeus ne fouette pas
Votre front ? La honte vous laisse en paix ?

Comment ça va "vivre", comme va-t-elle
La force d'être ? Et de chanter, la force ?
Pauvret, la blessure de l'immortelle
Conscience, comment y faites-vous face ?

Comment ça va la vie près d'un produit
De pacotille ? Un peu abrupt, le prix ?
Les marbres de Carrare reconduits,
Comment ça va la vie près d'un débris

De plâtre. (Taillé dans la masse même,
- Dieu, sa tête : presque aussitôt détruite!)
Comment ça va avec la cent-millième,
Dites, pour vous qui connûtes Lilith!

L'or de pacotille vous intéresse
Encore ? Las des grâces magiciennes,
Comment ça va auprès d'une terrestre,
C'est comment une femme sans sixième

Sens ? Bon, la tête entre les mains : heureux ?
Non ?
(...)


Marina Tsvétaïéva, Le Ciel Brûle suivi de Tentative de Jalousie

 

jeudi, 13 novembre 2008

Dans la Danse

 

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"( ... )

Il y a des femmes dont les yeux sont comme des morceaux de sucre,
Il y a des femmes graves commes les mouvements de l'amour qu'on ne surprend pas,
Il y a des femmes au visage pâle,
D'autres comme le ciel à la veille du vent.

( ... )

Je n'aime pas les tables sur lesquelles je danse,
Je ne m'en doutais pas."


Paul ELUARD, Capitale de la Douleur

mercredi, 17 septembre 2008

Créer...

 

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« Créer, c’est exister. »
Donald W. WINNICOTT

« Créer, c’est se souvenir. »
Victor HUGO

mardi, 16 septembre 2008

Glass Splinter

“Have you ever been in love? Horrible isn't it? It makes you so vulnerable.

It opens your chest and it opens up your heart and it means that someone can get inside you and mess you up.

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You build up all these defenses, you build up a whole suit of armor, so that nothing can hurt you, then one stupid person, no different from any other stupid person, wanders into your stupid life...You give them a piece of you.
They didn't ask for it. They did something dumb one day, like kiss you or smile at you, and then your life isn't your own anymore.

Love takes hostages. It gets inside you.

It eats you out and leaves you crying in the darkness, so simple a phrase like 'maybe we should be just friends' turns into a glass splinter working its way into your heart.

It hurts. Not just in the imagination. Not just in the mind.
It's a soul-hurt, a real gets-inside-you-and-rips-you-apart pain.

I hate love.”

Neil Gaiman

mardi, 24 juin 2008

So Far, So Close

 

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« (…) nous sommes dans cette vie jetés les uns contre les autres, je pense que le grand art est l’art des distances, trop près on brûle, trop loin on gèle, il faut apprendre à trouver le point exact et s’y tenir, on ne peut l’apprendre qu’à ses dépens, comme tout ce qu’on apprend vraiment, il faut payer pour savoir (…) ».

Christian BOBIN, La Folle Allure

lundi, 17 mars 2008

Vivant comme le Désir

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au millieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
477164e89280f1381781f787446d1514.jpgC’est le tien
C’est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n’a pas changé
Aussi vraie qu’une plante
Aussi tremblante qu’un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l’été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort,
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi je l’écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Lá où tu es
Lá où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t’en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t’avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n’avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n’importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d’un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.

Jacques Prévert, Paroles